Actions  culturelles

Au delà de nos activités de création et de diffusion, liées à nos statuts de compagnies professionnelles, nous entendons proposer aux résidents et personnels de L'ÎLOT, ainsi qu’au public extérieur, avec la Chapelle-Théâtre / Amiens, toute une série d’ateliers, sous forme de mini-stages de 3 jours, avec chaque jour un module de trois heures, encadrés par des comédiens et techniciens de la compagnie, et par deux éducateurs quand nous nous adressons à des résidents. Conformément à la convention signée en avril 2016, ces ateliers visent à échanger sur nos pratiques, et sur le thème du « dedans-dehors », qui prend tout son sens avec les résidents, nous proposons ces ateliers tous les deux mois. Les résidents s’inscrivent, et nous complétons au besoin avec des personnes extérieurs et/ou du personnel de L'ÎLOT. Nous pensons que ce mélange est propice au respect et à la découverte de l’autre, et qu’il prépare les résidents à sortir du foyer et à leur réinsertion.

En groupes de 12 participants au maximum nous abordons tous les arts (théâtre, écriture, dessin, masques, sculpture, vidéo, son, mime…) et tentons de faire comprendre aux participants tous les stades de création.

 

 

Ateliers de pratiques artistiques

L'accès à la culture est un principe de service public, la seule véritable règle que nous suivons les yeux fermés, et que nous avons éprouvé et interrogé depuis nos différentes formations initiales, il y a vingt ans au moins, en passant de la pratique amateur aux ateliers plus pérennes. C'est un principe fondamental, qui lie les artistes et le public, et qui les confronte souvent. Nombre d'entre nous sont titulaires d'un CA ou d'un DE, et nous travaillons sur un principe de modules, qui mêlent les différents corps de métiers liés au spectacle vivant. Nous sommes donc confrontés au quotidien à un public de plus en plus participatif, désireux de pratiquer l'art dramatique, en alliant rigueur et plaisir, pour mieux comprendre le processus de mise en scène, d'interprétation ou de dramaturgie. Nous sommes souvent approchés par des enseignants, de l'école primaire au lycée, qui désirent aller au-delà de la représentation, qui veulent que leurs élèves puissent aussi nous parler, échanger, sur le spectacle et ses étapes de fabrication. Cela tend à penser que les métiers du spectacle, surtout s'ils sont pratiqués partout, à la ville comme en territoires ruraux, sont assimilés, et peu à peu intégrés au tissu social et citoyen.

1/ En accord avec l'association L’ÎLOT, qui nous accueille dans sa Chapelle, nous mettons en place toute une série d'Ateliers Spécifiques, en étroite collaboration avec les équipes d'éducateurs, et en direction des résidents des différentes antennes de l'association, qui s'occupe pour rappel de loger et venir en aide à des personnes en grande souffrance, maltraitées ou maltraitantes, mais aussi des personnes en réinsertion après une peine de prison, et plus généralement de cette partie de nos concitoyens qu'on appelait « le Quart-Monde ». Il conviendra pour pérenniser ces ateliers de travailler également sur des sujets d'actualité, dont certains, comme ceux qu'on appelle « les Migrants », résonnent cruellement de nos jours.

 

2/ Nous lançons, avec l'association L’ÎLOT, des Ateliers pour Équipes Encadrantes, où nous aborderons (à base de jeux et de mises en situation et sur les principes de Théâtre-Forum ou d'Improvisation) les pratiques artistiques liés à l'accueil des résidents et de leurs problématiques. Ces ateliers, au besoin, pourront être étendus à d'autres organismes, car nous avons des demandes, qui visent à comprendre et améliorer les processus de travail d'équipe et de réponses lors de situations précises.

 

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En plus de tous ces ateliers où les résidents participent ou non, nous proposons également chaque jeudi quand une compagnie est en résidence de création une répétition ouverte (2 heures) suivi d’un petit café où nous échangeons avec les participants. D’autres débats plus informels ont également lieu après les repas du midi, autour d’un film, d’un article de presse ou d’une peinture. Nous tentons de faire parler les résidents, de cultiver leurs goûts, ou leurs rejets, d’une certaine forme d’art qui tend à la performance, à l’exploration.

Le sens de notre présence à L’ÎLOT

Il a toujours été défini, et dès le départ de notre résidence à la CHAPELLE-THÉÂTRE, qu’il y a avant tout des règles de vie à suivre au sein du foyer. Elles s’appliquent à tous. Dans ce sens, nous avons d’abord beaucoup discuté avec Charles Barbezat, le directeur, et l’équipe d’éducateurs. Nous avons ensemble défini les possibilités d’ateliers, et leurs sens. Tout d’abord, nous sommes considérés comme des « voisins » du foyer. L'ÎLOT est au 29, et la CHAPELLE-THÉÂTRE au 27 de la rue des Augustins. La particularité de devoir passer par le 29 pour entrer au 27 fait en sorte qu’on se croise souvent. La politesse, le respect, le sourire sont nos maître-mots, de sorte qu’ils servent notre projet : celui de faire cohabiter deux mondes à priori non qui s’opposent mais qui ne se croisent jamais. La notion de « culture pour tous et partout », qu’on entend (trop) souvent, est une profession de foi honorable, à condition qu’on s’en donne les moyens.

Pour certains résidents (les plus vieux, les plus « abîmés »), notre seule présence, d’après l’équipe encadrante, suffit à modifier leur quotidien. Nous n’avons pas autorité sur les résidents, et cette différence permet d’autres échanges. Nous avons un « devoir de discrétion » sur ce qu’ils nous disent, tout comme nous mesurons à chaque fois nos paroles et notre intimité.

 

Dans l’absolu, nous pourrions dire que nous sommes une fenêtre sur l’extérieur, mais un extérieur moins concret, moins dur ; nous sommes comme un sas, un passage qui peut accompagner les résidents lorsqu’ils sortent du foyer. Il n’est jamais rare de les revoir, ou de les emmener à d’autres spectacles, dans d’autres lieux.

Cette notion de « spectateur-acteur », ces ateliers qui accompagnent les résidents dans leur réinsertion, sont parfaitement intégrés au projet global de L'ÎLOT, qui voit en chaque être humain une grande complexité, qu’il faut apprivoiser pour vivre dehors, et ensemble.

 

Le théâtre, dans le fond, ce n’est que ça aussi.